Article paru : Impact du déficit foliaire sur la croissance du chêne sessile et du pin sylvestre

Un article vient de paraître dans la revue « Forest Ecology and Management » sur l’impact du déficit foliaire sur la croissance du chêne sessile et du pin sylvestre suite à des évènements de sécheresse caniculaire :

Javoy, T., Perret, S., Couteau, C., Perot, T., 2025. Impact of defoliation on tree growth for sessile oak and Scots pine following heat-drought events. Forest Ecology and Management 598, 123243. https://doi.org/10.1016/j.foreco.2025.123243.

Les points forts :

  • Le déficit foliaire a fortement réduit la croissance radiale du chêne sessile et du pin sylvestre sur la période 2020-2023
  • La réduction de croissance a été plus forte pour le pin sylvestre que pour le chêne sessile
  • La taille de l’arbre et la densité du voisinage ont eu les effets les plus forts sur la croissance des arbres
  • La composition du voisinage a eu un effet sur la croissance mais plus faible que l’effet du déficit foliaire
  • La taille de l’arbre et la compétition locale n’ont pas modifié la relation entre la croissance radiale et le déficit foliaire

 

Résumé :

European forests have experienced several droughts and heat waves in recent years leading to an increasing level of tree dieback. Quantifying the effects of dieback on tree growth is a crucial issue for forest managers. We monitored tree crown defoliation and tree growth for sessile oak and Scots pine from 2020 to 2023 in the OPTMix experimental network located in central France. We quantified the relationship between tree growth and tree crown defoliation under varying neighborhood conditions. We hypothesized that crown defoliation, tree size and neighborhood competition (local density and composition) would all affect tree growth. We carried out a magnitude analysis to quantify the importance of these different effects on tree growth. We showed that crown defoliation had a strong negative effect for sessile oak (-19.5 % of growth from 42 % to 57 % of defoliation) and a very strong negative effect for Scots pine (-29.5 % of growth from 39 % to 51 % of defoliation). Tree size and neighborhood density had the strongest effects on tree growth for both species, with, respectively, a positive and a negative effect. The proportion of heterospecific species in the neighborhood had the weakest effect, and was positive for sessile oak and negative for Scots pine. We found no interaction between crown defoliation and other predictors, thus indicating that they do not modify the relationship between crown defoliation and radial growth for either species. Forest managers can use defoliation as a rapid indicator of tree health and to help them assess the impact of defoliation on tree growth in various oak-pine forests.

 

 

Article paru : Importance de l’espèce d’arbre, du mélange d’essence et du sous-étage sur les stocks de carbone et d’azote en peuplements composés de chêne sessile et de pin sylvestre

Un article vient de paraître dans la revue « Science of The Total Environment » sur l’importance de différents facteurs sur les stocks de carbone et d’azote en forêts composées de chêne sessile et de pin sylvestre. L’importance de l’identité de l’espèce d’arbre, de la composition du peuplement et du sous-étage sur ces stocks ont été évalués:

Korboulewsky, N., Javoy, T., Pérot, T., Ouimet, R., 2025. Importance of species identity, species mixing and understory on carbon and nitrogen stocks in sessile oak and Scots pine stands. Science of The Total Environment 1000, 180410. https://doi.org/10.1016/j.scitotenv.2025.180410

Les points forts :

  • L’identité de l’espèce d’arbre a un effet plus fort sur les stocks d’azote et de carbone que la composition du peuplement ;
  • L’effet de la composition du peuplement est limité ;
  • Le sous-étage contribue entre 29 et 49% aux stocks d’azote et de carbone contenus dans la végétation ;
  • La biomasse racinaire est la principale source d’incertitude dans l’estimation des stocks ;
  • Le principal défi pour les gestionnaires est de maintenir les stocks plutôt que de les augmenter.

 

Résumé :

Forests contribute the most to the carbon stocks of the terrestrial biosphere. Estimates are available at different scales, though a large degree of uncertainty remains. In particular, the understory is seldom taken into account. In this study, we measured the carbon and nitrogen stocks of all ecosystem compartments, including trees, understory, deadwood, and soil, in pure sessile oak, pure Scots pine and mixed stands of the two species. We studied the importance of different compartment stocks and the effects of stand composition. We also evaluated different sources of uncertainty related to the calculation parameters of the estimates.
We found that species identity affected ecosystem C and N stocks more than stand composition did. The effects were primarily observed in the forest floor (mainly the organic layer) and the understory. No stand composition effects were observed for either soil C stability or C and N stocks in the mineral horizons, indicating that physicochemical processes dominate. Our results show that the understory can account for more than a quarter of vegetation C stocks and up to one-half of vegetation N stocks in pine low density stands. This importance of the understory was most significant in low-density pure pine stands. The root biomass of the trees and understory vegetation were the primary sources of uncertainty in stock estimations

 

Résumé graphique :

 

Les éclaircies forestières influencent-elles la végétation du sous-bois ?

Joseph BOULNOIS (premier plan à gauche de la photo) encadré par Ludovic Henneron, laboratoire Ecodiv Univ. Rouen, a validé son stage de M2. Il a réalisé des prélèvements et mesures sur des espèces de sous-bois du réseau OPTMix et Gis-Coop printemps-été 2025. Le rapport et le pdf de sa soutenance sont disponibles sur le réseau interne d’EFNO.

La densité des peuplements forestiers influence la biodiversité et le fonctionnement du sous-bois, mais les liens entre gestion sylvicole et traits fonctionnels restent peu explorés. Ce travail, réalisé sur un réseau expérimental composé de 24 placettes, analyse l’effet de différents niveaux d’éclaircie sur la composition, la biomasse et les traits foliaires des espèces herbacées du sous-étage. Des mesures de traits (SLA, LDMC, teneur en azote et taille moyenne) ont été effectués sur plusieurs espèces dominantes dont des plantules de Quercus petraea. Les résultats montrent que l’ouverture du couvert favorise les espèces héliophiles et accroît la biomasse totale au détriment d’espèces sciaphiles. Sur le plan fonctionnel, les peuplements éclaircis présentent des valeurs plus élevées de SLA et de teneur en azote, indiquant une stratégie d’acquisition des ressources favorable au développement. Ces tendances diffèrent cependant selon les espèces, traduisant une grande variabilité interspécifique. Ainsi, la densité du peuplement apparaît comme un facteur déterminant de la structure et du fonctionnement du sous-bois. Les pratiques sylvicoles, en particulier l’éclaircie, constituent donc un levier potentiel pour orienter la dynamique de la biodiversité et la résilience des forêts gérées.

X-Risks : le mélange d’essences face au stress hydrique et l’herbivorie foliaire

Dans le cadre du PEPR FORESTT X-Risks, des prélèvements de feuilles de chêne sur des rejets ont été réalisées début septembre. Sur un total de 1200 feuilles (placettes faibles densités), des mesures de pigments et azote (au Dualex), traits notamment la surface spécifique (SLA), et des observations des dommages par les insectes herbivores (voir photo) ont été réalisées. L’objectif est de voir l’effet combiné du risque de stress hydrique et de l’herbivorie (chewers, sap feeders, gall makers, sketetonisers, présence de punaise), selon le peuplement. Le protocole est réalisé aussi (sauf les mesures au Dualex) sur deux autres réseaux : ORPHEE (Hervé Jactel) et GMAP (Xavier Morin) sur d’autres mélanges à base de chêne. Les mesures seront répétées pendant 4 ans. Les individus sont matérialisés par de la rubalise (voir photo).

Article paru : L’espèce d’arbre de la canopée a-t-elle une importance sur la capacité du couvert forestier à tamponner les températures ?

Un article vient de paraître dans la revue « Agricultural and Forest Meteorology » sur l’importance de l’espèce d’arbre de la canopée sur la capacité du couvert forestier à tamponner les températures en période estivale:

Perot, Thomas, Marc Saudreau, Nathalie Korboulewsky, Anders Mårell, et Philippe Balandier. Capacity of a forest to buffer temperature: Does canopy tree species matter? Agricultural and Forest Meteorology 371 (2025): 110646. https://doi.org/10.1016/j.agrformet.2025.110646

Les points forts :
  • La température de l’air a été suivie dans des peuplements de chêne sessile et de pin sylvestre de 2018 à 2020 sur le dispositif OPTMix ;
  • Les effets de l’espèce d’arbre et de la densité du peuplement sur la capacité tampon ont été testés ;
  • Le rayonnement incident et le rayonnement intercepté par la canopée ont été pris en compte dans les analyses ;
  • L’espèce d’arbre avait un effet significatif sur la capacité du couvert forestier a tamponner les températures ;
  • Les peuplements de chêne procuraient un effet tampon supérieur aux peuplements de pin à rayonnement intercepté égal.

Résumé :

We studied the effects of tree species and tree density on the capacity of a forest to buffer understory temperatures during the summer period. We dissociated tree-species and light effects by integrating incident solar irradiance and its proportion intercepted by the canopy into our analyses. We measured solar radiation and air temperature over three consecutive years (2018, 2019 and 2020) in 16 plots in Central France composed of mature stands of sessile oak and Scots pine with three types of composition: monospecific oak, monospecific pine and oak-pine mixture, and two levels of tree density. Air temperature and solar radiation were recorded simultaneously in the experimental plots and in a reference plot without forest cover.
Our results show that the higher the incident irradiance the greater the difference in minimum temperature, and that the higher the intercepted irradiance the greater the difference in maximum temperature between below-canopy and open conditions. We found that tree species had a significant effect on the buffering capacity even when the light factor was taken into account. For a given incident irradiance and a given proportion of intercepted irradiance, the pine plots buffered understory temperatures less than the oak plots. Our results also show that higher maximum temperatures occurred in the understory than in open conditions for low values of intercepted irradiance and high values of incident irradiance, especially in the plots where Scots pine was present. The two species differ in leaf albedo and in their ability to regulate transpiration during droughts and these two characteristics may explain our results. Our study shows that Scots pine is less able to buffer summer temperatures than sessile oak. These results are of interest to forest managers since reducing stand density and mixing tree species are considered to be silvicultural strategies that can help cope with climate change.

Article paru : La composition et la densité du peuplement ont-elles une influence sur le déficit foliaire ?

Un article vient de paraître dans la revue « Forest Ecology and Management » sur l’effet de la composition et de la densité du peuplement sur le déficit foliaire du chêne sessile et du pin sylvestre pendant les 5 années suivant un épisode de sécheresse caniculaire :

Javoy, T., Perret, S., Perot, T., (2025). How do mixing tree species and stand density affect crown defoliation after heat-drought events? FOREST ECOLOGY AND MANAGEMENT 586. https://doi.org/10.1016/j.foreco.2025.1226844

Les points forts :

  • Le déficit foliaire a été suivi sur environ 300 chênes sessiles et 300 pin sylvestre de 2020 à 2024 sur 18 placettes du dispositif OPTMix ;
  • Le déficit foliaire des chênes a augmenté de manière constante au cours du temps avec une pente plus forte en peuplement mélangé qu’en peuplement pur ;
  • Le déficit foliaire des pins a augmenté de manière plus forte en peuplement pur qu’en mélange puis a diminué en 2024 ;
  • Pour les deux espèces les arbres les plus gros présentaient un déficit foliaire plus faible que les plus petits ;
  • Nous n’avons pas mis en évidence d’effet de la densité du peuplement sur le déficit foliaire des deux espèces.

Résumé

Severe droughts and heat waves have increased over the last decades, leading to forest dieback worldwide. In this context, reducing stand density and mixing tree species are two silvicultural options being investigated by forest managers to limit the impact of climate change on forest health and productivity. We studied tree size effect and stand composition and density effects on crown defoliation in adult trees belonging to two species: sessile oak (Quercus petraea, Matt. (Liebl.)) and Scots pine (Pinus sylvestris, L.). We monitored tree crown defoliation at 18 experimental plots located in central France for five consecutive years following the extreme heat wave of 2019. Our results highlight two different dynamics for crown defoliation in the two tree species. For Scots pine, we observed an abrupt severe increase in defoliation followed by a significant decrease in 2024, while sessile oak, crown defoliation continued to increase steadily after 2020. For both species, larger trees had significantly less crown defoliation than small trees. We found higher defoliation for sessile oak in mixtures and conversely, higher defoliation for Scots pine in pure stands. Finally, we found no difference in crown defoliation between low-density and medium-density stands for either species.

A vos agendas ! symposium 2026 pour les 10 ans du dispositif OPTMix, du 8 juin au 12 juin 2026

Le dispositif OPTMix (Oak Pine Tree Mixture) célèbre son 10ème anniversaire avec un symposium international qui interroge les liens entre pratiques sylvicoles et changement climatique :

« Adapter la gestion forestière au changement climatique : Moduler la composition et la densité des peuplements et contrôler la pression du gibier »

Ce symposium aura lieu du 8 juin au 12 juin 2026 à Nogent-sur-Vernisson.

Tous les détails en cliquant sur le lien (document pdf) ou l’image ci-dessous :

A VOS AGENDAS symposium 10 ans d’OPTMix

 

Mesures et prélèvements dans le cadre de la thèse d’Erwan Le Roux sur l’effet des ongulés sur la biodiversité du sol

Dans le cadre de la thèse d’Erwan Le Roux co-encadré par Stéphane Bazot (ESE Univ Orsay) et Nathalie Korboulewsky, une campagne de mesures et de prélèvements sur une sélection des placettes OPTMix (O12 faible densité ouverte et fermée) et Renecofor (int et ext de l’enclos) est en cours. Les mesures sur O12 ont été faire fin mai avec des mesures de compaction du sol (avec « le marteau de Clegg ») et de respiration du sol sur les mêmes transects que les prélèvements de sol de la thèse de Claire Populus l’année passée. Les échantillons de sol serviront à déterminer la diversité microbienne des sols et l’azote minéral. Les résultats de la compaction sont immédiats et on observe un sol plus compacte dans la placette ouverte vs la fermée (47 vs 36 unité Gm, n=41/placette, différence significative, et on passe de modérément tassé à faiblement tassé). On ne saura jamais si c’est dû aux 4 pattes ou 2 pattes, mais vu la simplicité et facilité de cet appareil, ça donne envie de faire des mesure dans les autres placettes.

Prélèvements dans le cadre du projet ANR PLASTRAIT

Venue d‘une équipe de l’Université de Rouen pour des prélèvements dans le cadre du projet PLASTRAIT :

« Plasticity in leaf litter quality of tree species: consequences for soil nitrogen cycling and plant-plant interactions »

Ludovic Henneron, unité Ecodiv, accompagné de 3 collègues sont venues jeudi et vendredi dernier (12-13 juin) pour faire des prélèvements de sol et de végétation dans le cadre de son projet ANR PLASTRAIT. Ces mesures sont faites sur les peuplements de chêne pur sur OPTMix (O12-O214-O593, moyenne et faible densité) et sur des parcelles du GIS Coop pour étudier le cycle de l’azote et les traits des feuilles des espèces (arbre et sous-bois). Ils ont installé 5 points de mesure par placette, matérialisés par une jalonnette jaune. Des tubes PVC sont enfoncés dans le sol et seront récupérés dans fin juillet. Les prélèvements de feuilles vertes des chênes prévus par EFNO seront utilisés par Ecodiv pour des dosages complémentaires.

Moins de mortalité en 2024

Le relevé exhaustif de la mortalité annuelle vient de passer en revue les 33 placettes du dispositif OPTMix. L’exercice est réalisé fin avril-début mai, en cours – pour les pins – ou en fin – pour les chênes – de phase de débourrement, ce qui permet d’être sûr de l’état de l’arbre.  Il s’agit de la 5e édition, et bonne nouvelle ! parmi l’ensemble des arbres cartographiés, un seul et unique pin sylvestre est mort sur l’année écoulée. Il était noté fortement dépérissant depuis l’été 2021, et a finalement succombé en juin 2024. Avec 2 années de conditions météorologiques plus favorables, le niveau de mortalité annuelle des pins sylvestres est ainsi revenu en 2024 à son niveau de 2017, son niveau d’avant crise. Pourvu que cela dure ! Prochaine étape en juin-juillet 2025 :  la campagne de notation DEPERIS des 1000 arbres-échantillons suivis depuis 2020

 

Peuplement mélangé chêne sessile – pin sylvestre, parcelle 57 en FD d’Orléans (placette expérimentale 3, avril 2025)